Audion veut faire entrer l’audio dans l’ère de la performance avec Audion AI
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L’adtech française Audion ouvre un nouveau cycle stratégique avec le lancement d’Audion AI, une solution d’intelligence artificielle destinée à maximiser la performance marketing des marques dans un univers audio de plus en plus fragmenté. Capable d’analyser chaque mois l’équivalent de 100 ans de contenus audio et vidéo, la plateforme promet de transformer un simple brief en stratégie multi-audio activable et optimisée en continu, du branding à la conversion. Ce lancement s’accompagne d’un rebranding conçu avec l’agence Bruno pour affirmer le positionnement technologique du groupe. Arthur Larrey, co-fondateur d’Audio répond à nos questions.
Il fallait une plateforme de marque à la hauteur de ce que devient l’audio
The Media Leader : Vous lancez une nouvelle identité de marque. Pourquoi le faire maintenant ?
Arthur Larrey : Audion a été créé en 2018. On arrive à un moment où le marché de l’audio digital évolue très vite. Les audiences sont à un niveau jamais atteint, la pluralité des contenus explose. Quand on a démarré, c’était très radio. Aujourd’hui, le podcast natif fait pleinement partie du paysage, et la vidéo s’intègre de plus en plus à l’écosystème audio, avec des podcasts filmés et consommables sur YouTube ou Spotify.
Et puis il y a l’éléphant dans la pièce : l’intelligence artificielle. Nous devions nous en saisir d’un point de vue stratégique. Entre cette évolution du marché et le lancement d’un produit fondamental dans notre trajectoire, c’était le bon moment pour faire évoluer notre plateforme de marque. L’audio n’est plus seulement une extension de la radio, et notre produit est désormais très fortement centré sur l’IA.
Audion AI : une plateforme d’intelligence média pour l’audio
The Media Leader : Concrètement, qu’est-ce qu’Audion AI ?
A.L. : Audion AI est une plateforme d’intelligence média dédiée à l’audio digital. L’objectif est simple : générer plus de performance en s’appuyant sur une suite d’agents spécialisés qui interviennent au cœur de la chaîne de valeur de la publicité audio.
Un agent, par exemple, va indexer les contenus audio publiés sur YouTube, Apple Podcasts ou Spotify. Il réalise un traitement multimodal : durée, contexte, tonalité positive ou négative, intervenants, thématiques… Tous ces éléments sont analysés pour nourrir un moteur de ciblage plus efficace.
Notre conviction est que l’audio délivre de la performance. Mais nous voulons le démontrer concrètement, que ce soit sur le trafic en point de vente, la conversion en ligne ou des indicateurs plus haut de funnel comme l’awareness ou l’intention. L’IA permet d’aller beaucoup plus loin dans l’analyse et surtout de relier compréhension des contenus et indicateurs business dans une logique beaucoup plus dynamique.
L’hyper-fragmentation est une opportunité si on a la bonne technologie
The Media Leader : Vous partez d’un constat d’hyper-fragmentation des plateformes et des formats. En quoi cela pose-t-il un problème aux annonceurs ?
A.L. : La fragmentation est partout : plateformes, formats, environnements audio ou vidéo. Les radios se filment, les podcasteurs diffusent en audio et en vidéo, les données diffèrent selon les plateformes. Opérer une campagne à grande échelle peut nécessiter plusieurs DSP, des environnements techniques différents, des datas hétérogènes.
Mais nous voyons cette fragmentation comme une opportunité, à condition d’avoir la bonne technologie. Si l’objectif est de générer de la performance, il faut partir d’un reach maximal et être capable d’interopérer les grandes plateformes là où se trouvent les principaux formats.
Notre rôle est d’unifier cet écosystème tout en tenant compte des spécificités de chaque environnement — data, contexte, formats — pour délivrer une stratégie cohérente et orientée résultats.
100 ans de contenus analysés chaque mois
The Media Leader : Vous évoquez l’analyse mensuelle de l’équivalent de 100 ans de contenus audio et vidéo. En quoi est-ce structurant ?
A.L. : C’était techniquement impossible avant l’IA. Le volume de contenus est tel qu’il est humainement inexplorable. L’IA permet non seulement d’indexer ces contenus en continu, mais surtout de les qualifier avec un degré de précision bien supérieur à ce qu’on pouvait faire il y a encore un ou deux ans.
Prenons la brand safety : il existe une part de subjectivité dans cette notion. Aujourd’hui, des modèles mieux entraînés peuvent fournir des niveaux de qualification très précis, parfois plus fins que ce qu’un humain identifierait seul. Cette capacité d’analyse massive et continue est au cœur de notre proposition de valeur.
Une plateforme interne, des insights pour les clients
The Media Leader : Audion AI est-elle accessible en self-service ?
A.L. : Le moteur d’IA est interne. En revanche, nous livrerons à nos clients des dashboards et des interfaces de business intelligence. Comme nous travaillons avec des modèles très automatisés et que l’orchestration implique différentes briques technologiques, l’opération doit rester maîtrisée en interne. Mais la transparence et la restitution des performances font partie intégrante de la solution.
Du prompt à la recommandation activable
The Media Leader : Vous expliquez qu’un simple prompt permet de transformer un objectif marketing en stratégie activable. Comment cela fonctionne-t-il ?
A.L. : Nous avons intégré huit années d’expertise et des milliers de briefs dans le système. Si un brief est très large — par exemple un objectif branding pour une marque — la plateforme va enrichir les orientations, proposer des catégories, identifier des audiences et structurer une stratégie.
Si le brief est très détaillé, l’agent de décision identifie les contextes les plus pertinents et formule des recommandations de ciblage.
La solution est également capable d’isoler des contenus moins visibles — petites chaînes ou podcasts hors des circuits traditionnels — mais très affinitaires avec le brief. Elle peut aussi identifier des environnements qui ne semblent pas évidents au départ mais dont l’historique démontre une forte performance. Et surtout, elle fonctionne de manière dynamique : de nouveaux contenus peuvent être intégrés en cours de campagne si leur pertinence est avérée.
DCO et voix synthétique : « tout est prêt, sauf le rendu acceptable par les marques »
The Media Leader : L’IA peut-elle transformer la création audio, notamment via la DCO ou le Text-to-Speech ?
A.L. : Sur la DCO, nous avons conservé une approche prudente sur la voix. En audio, le son est le seul vecteur du message de marque. Le rendu doit être irréprochable. Aujourd’hui, même si la technologie progresse très vite, les marques ne sont pas prêtes à basculer massivement sur des voix générées.
Cela dit, nous avons anticipé le cadre légal, éthique et technique : RGPD, gestion des droits, intégration d’API de génération vocale. Tout est prêt. Nous attendons simplement une qualité de rendu suffisamment élevée pour que les marques puissent l’adopter en confiance. Le jour où ce seuil sera franchi, cela ouvrira de nouvelles possibilités créatives, notamment en matière de contextualisation dynamique.
Nos concurrents ne sont pas seulement dans l’audio
The Media Leader : Qui sont vos concurrents aujourd’hui ?
A.L. : Bien sûr, nous sommes dans l’univers de l’audio. Mais dès lors que nous parlons performance, nous élargissons le champ. Les acteurs comme Meta, Google ou Amazon captent une part majeure des budgets parce qu’ils délivrent de la performance mesurable.
Notre ambition est de positionner l’audio comme un levier capable de rivaliser sur ces indicateurs. Le marché de l’audio progresse, mais il reste modeste à l’échelle de la publicité digitale. Nous voulons nous inscrire dans cet univers compétitif au même niveau, en démontrant que l’audio peut être pilotable, mesurable et orienté business.
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