Brandtech Group muscle sa direction France avec l’arrivée de Felipe Terrazzan
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Julie Hardy, CEO France de The Brandtech Group depuis mars 2026, a annoncé l’arrivée de Felipe Terrazzan au poste de Chief Revenue & Operating Officer. Passé par le pilotage de la transformation IA mondiale de Sephora, il rejoint un groupe qui réunit désormais fifty-five, Jellyfish, OLIVER et Mobkoi autour de la plateforme Pencil. Ils reviennent pour The Media Leader sur les enjeux de ce renforcement.
The Media Leader : Vous renforcez la direction France de Brandtech, pourquoi ce choix ? Notamment avec un profil comme celui de Felipe Terrazzan ?
Julie Hardy : Le marché arrive à un point de bascule : les marques reconnaissent aujourd’hui que leur modèle marketing doit profondément évoluer pour devenir un véritable avantage concurrentiel. L’enjeu n’est plus simplement d’expérimenter l’IA générative, mais de l’intégrer à l’échelle dans les opérations marketing. C’est indispensable pour gagner en vitesse, en pertinence et en performance, tout en faisant émerger des langages de marque distinctifs, capables de créer de la préférence dans un monde où la production de contenus devient exponentielle.
C’est précisément cette trajectoire que nous accompagnons depuis plusieurs années, sur le terrain et au cœur des opérations de nos clients, bien avant que la GenAI ne devienne un sujet incontournable du marché. Et cette expérience nous a appris une chose : à mesure que la technologie devient plus puissante et plus accessible, le véritable enjeu se déplace vers la transformation du modèle opérationnel du marketing.
Déployer l’IA ne consiste pas simplement à ajouter de nouveaux outils. Il faut repenser la manière dont les talents, la technologie, la data et les processus fonctionnent ensemble.
Notre ambition chez Brandtech est précisément d’être le partenaire de nos clients dans la définition de ce nouveau playbook, celui qui leur permettra de transformer l’IA en avantage compétitif durable, sans perdre ce qui rend leur marque singulière et désirable, et de rester One Step Ahead.
C’est dans ce contexte que Felipe nous rejoint. Son parcours est particulièrement pertinent parce qu’il a vécu ces transformations sous plusieurs angles : comme consultant, mais aussi au plus près des annonceurs, avec leurs réalités opérationnelles, les arbitrages budgétaires, les organisations globales et locales, les équipes à embarquer, les silos à casser, les process à réinventer.
Il sait ce que traversent nos clients parce qu’il l’a vécu de l’intérieur. C’est exactement cette capacité à relier stratégie, transformation et exécution que nous voulons renforcer en France.
The Media Leader : Felipe Terrazzan, vous avez piloté le PMO de la transformation IA de Sephora au niveau mondial avant de rejoindre The Brandtech Group. Qu’est-ce qui vous a convaincu de passer de l’accompagnement de cette transformation à sa mise en œuvre, de l’intérieur, chez un acteur comme Brandtech ?
Felipe Terrazzan : J’ai eu la chance de piloter le PMO de ce programme à l’échelle monde, et j’en retiens une chose assez simple : la technologie n’a presque jamais été le point de blocage. Ce qui compte, c’est la capacité à transformer une promesse de résultat en usage quotidien pour des centaines, voire des milliers de personnes, avec des logiques complexes Global/marchés. Tout en parallèle, embarquer l’ensemble des étages de l’organisation. Ce qui m’a convaincu chez Brandtech, c’est le modèle : une plateforme propriétaire, des talents très experts et collaboratifs, et surtout un accompagnement sur la transformation. Je n’avais pas vu cette combinaison ailleurs, et c’est exactement ce qui me manquait lorsque j’étais côté consulting / annonceur. Et puis il y a une question d’échelle. Chez un annonceur, vous transformez une entreprise. Chez Brandtech, il s’agit d’accompagner des dizaines de marques en même temps.
The Media Leader : Concrètement, en quoi consiste votre rôle de Chief Revenue & Operating Officer ? Qu’est-ce que cela va changer, dans les prochains mois, pour les équipes et pour les clients de Brandtech en France ?
F.T : Mon rôle consiste à travailler simultanément sur la croissance et l’excellence opérationnelle. Pour cela, nous sommes dans une logique de transformation continue. Nous avons en France des expertises parmi les meilleures du marché : fifty-five sur la data, Jellyfish sur le média, le social, la création et la performance, OLIVER sur l’in-housing, Mobkoi sur le mobile advertising, auxquelles s’ajoutent nos technologies, notamment Pencil.
Avec l’avènement de l’IA générative, les silos doivent plus que jamais disparaître, et les enjeux de transformation des opérations marketing deviennent centraux. Ces deux sujets sont donc au cœur de ma mission : faire de Brandtech le partenaire unique, capable d’accompagner de bout en bout la transformation marketing IA sur le terrain.
Pour nos clients, ça veut dire un point d’entrée unique. Pour les équipes, ça veut dire des méthodes de travail communes, des outils partagés et une vraie montée en compétences sur des expertises transverses.
Et tout cela commence par être physiquement ensemble : chez nos clients autant que possible et côté Brandtech, tous réunis sous le même toit, à la même adresse au cœur de Paris, dans un lieu inspirant. Dans un monde où tout change toutes les semaines, cette proximité est clé pour nous permettre d’appliquer cette transformation chez nos clients et chez nous, de manière continue.
The Media Leader : Avec l’arrivée de l’IA, le principal frein, aujourd’hui, est-il devenu organisationnel plutôt que technologique ?
FT : À mesure que la technologie devient accessible à tous, l’avantage concurrentiel se déplace vers la capacité des organisations à s’en saisir rapidement et à l’intégrer dans leurs modes de fonctionnement. Une transformation IA réussie, c’est 10% de technologie, 20% de process et 70% de conduite du changement auprès des équipes.
C’est là que se situe aujourd’hui l’essentiel du défi. Il faut transformer des processus marketing encore largement linéaires : du brief à la création, puis à la validation et à la diffusion, pour fonctionner davantage en flux continu. Il faut renforcer la gouvernance de la donnée, repenser des circuits de validation conçus pour quelques dizaines de contenus lorsqu’on peut désormais en produire et en adapter des centaines, et faire évoluer les rôles et les façons de travailler.
Ces transformations ont des effets très concrets : plus de vitesse de mise sur le marché, davantage de capacité créative et une meilleure efficacité marketing.
C’est pourquoi nous passons aujourd’hui autant de temps avec nos clients sur les talents, les process et l’organisation que sur la technologie elle-même. L’enjeu n’est plus simplement d’adopter l’IA, mais de construire une organisation capable de continuer à évoluer avec elle.
The Media Leader : Qu’est-ce qui différencie, selon vous, Brandtech des autres groupes qui se positionnent aujourd’hui sur les mêmes enjeux d’IA générative appliquée au marketing ?
J.H : Notre singularité, c’est d’être aujourd’hui un acteur indépendant incontournable et réellement international, avec une longueur d’avance sur les sujets qui redéfinissent le modèle marketing. Brandtech a été créé dès 2015 avec la conviction que la technologie allait profondément transformer le marketing, nous ne sommes pas en train de repeindre un modèle d’agence traditionnel aux couleurs de l’IA. Notre ADN porte l’innovation de l’intérieur ; nous l’avons prouvé en étant les premiers à adresser le GEO avec Share of Model notamment, en sortant notre solution de GenIA pour les grands groupes avant que le marché ne s’y intéresse, en accompagnant Tiktok sur son offre entreprise, etc. Depuis plusieurs années, nous soutenons des marques leaders dans ce déploiement à l’échelle et sur le terrain.
Il y a évidemment également Pencil, notre plateforme propriétaire end-to-end. Ce n’est pas simplement un agrégateur des meilleurs modèles : c’est un véritable operating system du marketing, qui connecte la chaîne de bout en bout, mesure la performance et permet de piloter la transformation en continu. Et surtout, Pencil est déjà en production, la plateforme délivre des millions de contenus par an pour les marques.
Car, qu’on le souhaite ou non, les besoins en contenu explosent, tirés par les plateformes, la personnalisation, l’e-commerce et désormais le GEO. Mais produire plus ne suffit pas. Plus la technologie démocratise la production, plus la capacité d’une marque à être distinctive et à créer de la préférence devient stratégique.
C’est pourquoi les talents restent au cœur de notre modèle. L’idée, la vision créative, le jugement, ce qui rend une marque singulière reste profondément humains. La technologie permet de démultiplier cette intelligence et de l’activer à une échelle jusque-là impossible.
C’est cette combinaison, technologie propriétaire, talents et transformation sur le terrain qui nous permet de garder une longueur d’avance et surtout d’aider nos clients à rester One Step Ahead.
The Media Leader : Quel sera, selon vous, le principal changement organisationnel vécu par les entreprises dans les trois prochaines années sous l’effet de l’IA ?
J.H : Je pense que le changement le plus profond sera le passage d’organisations silotées, relativement linéaires et figées, à des organisations beaucoup plus fluides, transversales et en transformation continue. Et avec un changement majeur : des talents recentrés sur ce qui crée le plus de valeur: l’idée, le jugement, l’orchestration, la décision, la relation et la vision.
Le sujet est de redessiner les métiers autour de ce que l’humain fait le mieux et de ce que la technologie permet désormais de démultiplier.
Et surtout, la transformation n’est plus une étape, c’est un muscle. Avec une technologie qui évolue en permanence, la capacité à apprendre, à s’adapter et à se transformer en continu va devenir une compétence organisationnelle en soi.
F.T : Pour compléter, on va passer d’une logique de projet à une logique de produit, dans le sens où un produit a forcément un cycle de vie et ne peut pas s’arrêter du jour au lendemain. Fini les grands programmes de transformation avec une date de fin, place à des équipes permanentes et pluridisciplinaires qui améliorent les choses en continu. Et la compétence la plus recherchée ne sera pas de savoir se servir d’un modèle, mais de savoir décider ce qu’on lui confie et ce qu’on garde, ou comme on l’entend beaucoup : où gardons-nous l’humain dans la boucle.
The Media Leader : Quelle est votre ambition, à un an, pour cette nouvelle organisation de Brandtech en France ?
J.H : Notre ambition est claire : faire de Brandtech France la référence pour accompagner les marques dans le nouveau modèle marketing.
Nous entrons dans une période assez paradoxale puisque les marques n’ont jamais eu autant besoin de produire, de personnaliser et de gagner en efficacité ; et en même temps, elles n’ont jamais eu autant besoin d’être singulières, pertinentes et porteuses de valeurs pour créer de la préférence.
C’est cette équation que nous voulons les aider à résoudre : mettre la technologie et l’IA au service de la pertinence, de l’efficacité et de la personnalisation, tout en renforçant ce qui rend chaque marque singulière et désirable.
Nous sommes déterminés et ambitieux, mais jamais prétentieux. Notre culture, c’est celle du terrain, de l’apprentissage permanent et des résultats.
Notre ambition, finalement, est simple : donner à chacun les moyens de garder une longueur d’avance.
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