Fin sous tensions pour la commission sur la neutralité de l’audiovisuel public
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La commission d’enquête sur l’audiovisuel public s’est achevée mercredi sur d’ultimes accrochages entre la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, et le député UDR Charles Alloncle, dont le rapport dans une quinzaine de jours risque de faire de nouvelles vagues.
Il s’agissait de la dernière des 67 auditions de cette commission sur « la neutralité » et le « financement » de l’audiovisuel public, dont les travaux ont été émaillés de nombreux incidents depuis leur lancement fin novembre.
« Ces derniers mois, et je me tourne vers vous, monsieur le rapporteur (Charles Alloncle, NDLR), ont été très éprouvants » pour les salariés de France Télévisions, a lancé Delphine Ernotte Cunci au bout de 04h30 d’audition, dans une salle désertée par les députés.
« Les interrogations, les mises en cause, les soupçons ont été vécus très douloureusement » et « je connais les blessures que ça a pu causer », a-t-elle ajouté, avant de conclure sur un ton solennel : « L’audiovisuel public est debout ».
Charles Alloncle n’a pas répondu.
La séance et les travaux de la commission ont été clos par son président, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons).
« Au-delà des différences de méthode, des coups d’éclat, parfois du triste spectacle qu’on a pu renvoyer collectivement (…), j’espère que les manquements, les dysfonctionnements qui ont pu être mis en lumière dans le cadre de cette commission d’enquête pourront appeler à des réponses justes, honnêtes, sérieuses, crédibles », a-t-il dit.
Désormais, Charles Alloncle a une quinzaine de jours pour rédiger ses conclusions et formuler ses propositions d’évolutions, notamment législatives. Il a évoqué l’inscription d’une proposition de loi sur l’audiovisuel public à l’ordre du jour de la « niche » réservée à son groupe à l’Assemblée nationale, le 25 juin.
Les 31 parlementaires qui composent la commission voteront le 27 avril pour ou contre la publication du rapport.
En cas de vote négatif, une situation rare, l’ensemble des travaux, y compris les comptes rendus d’auditions et documents transmis, ne pourraient être rendus publics au nom de la commission d’enquête.
« Gabegies »
Dès la première partie de cette ultime audition, le ton s’est rapidement durci entre Delphine Ernotte Cunci, qui venait pour la seconde fois répondre aux députés, et Charles Alloncle au sujet du coût de l’entreprise publique, qui emploie 9.000 salariés et diffuse ses programmes sur cinq chaînes.
La première a reproché au second un « procédé très manipulatoire » dans sa présentation de la dotation de l’Etat à France Télévisions.
L’échange s’est terminé sur un constat de désaccord, à l’image des incompréhensions qui ont dominé les discussions entre Charles Alloncle et certaines des 234 personnes auditionnées, comme l’animateur Nagui, ou Xavier Niel, qui dénonçaient ses « mensonges ».
Depuis le lancement de cette commission, créée par l’UDR d’Eric Ciotti, allié au RN, Charles Alloncle a concentré les critiques pour ses méthodes qualifiées d’ « inquisitoriales », mais il s’est taillé un franc succès auprès de ceux qui considèrent l’audiovisuel public comme trop coûteux et biaisé en faveur de la gauche, notamment en publiant sur X de nombreux extraits choisis des travaux.
Le député UDR estime que son travail a permis de découvrir « un système de gabegies largement assumé » dans les 4 milliards d’euros annuels que l’Etat distribue aux chaînes et radios publiques. Il dénonce aussi un « système de castes et de privilèges », de l’opacité et des conflits d’intérêts dans l’attribution des contrats de France Télévisions aux sociétés de production.
Les travaux avaient été lancés après la polémique déclenchée par une vidéo montrant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen en pleine discussion avec des responsables du PS. Son contenu a nourri les accusations de partialité de l’audiovisuel public en faveur de la gauche, notamment dans les médias qui sont dans le giron de Vincent Bolloré.
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