Les salariés de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche votent une motion de défiance contre LVMH
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Les salariés de Challenges, Sciences et Avenir et la Recherche ont voté mardi une motion de défiance envers leur direction et le géant du luxe LVMH, qui a racheté ces magazines fin décembre, a-t-on appris de source syndicale.
La motion a été adoptée à 84,5% des voix pour, soit 109 personnes sur 129 votants. Selon le texte, les salariés qui l’ont approuvée veulent dire « leur colère et leur inquiétude suite à plusieurs décisions unilatérales ».
LVMH souhaite, d’après eux, « imposer un changement de formulation de la ligne éditoriale » du magazine économique Challenges. L’actionnaire entend aussi « priver les membres de la société des journalistes de leur pouvoir d’approbation » des futurs directeurs de la rédaction, stipule la motion.
Sollicitée par l’AFP, la direction n’a pas fait de commentaire.
Propriété de Bernard Arnault, LVMH a racheté le 30 décembre les trois magazines à l’homme d’affaires Claude Perdriel, qui en était l’actionnaire majoritaire jusqu’alors et s’est retiré de la presse à l’âge de 99 ans.
LVMH, qui veut assurer « la pérennité » des titres, était entré dès 2020 à hauteur de 40% au capital des Éditions Croque Futur, qui publient les trois titres.
En novembre, les rédactions de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche avaient demandé à Bernard Arnault, sans succès selon elles, de signer leurs « chartes d’indépendance » sous leur forme actuelle.
Dans la motion adoptée mardi, les salariés déplorent en outre que « la direction ait choisi de n’accorder aucune augmentation générale » de rémunération et n’ait “donné aucune garantie sur l’emploi ».
La motion de défiance vise Michèle Benbunan, patronne du groupe Les Échos-Le Parisien qui supervise également les autres titres médias de LVMH, ainsi que le président de la société Croque Futur Maurice Sazfran et le groupe de luxe.
L’ONG Reporters sans frontières et des syndicats de journalistes avaient saisi en décembre la justice administrative et l’Autorité de la concurrence pour examiner les conséquences du rachat de Challenges. Mais le Conseil d’Etat a rejeté le 30 décembre la première requête.
LVMH détient déjà, entre autres, le groupe Les Échos-Le Parisien, qui comprend les quotidiens éponymes et Radio Classique. Il a aussi racheté en 2024 la totalité du quotidien libéral L’Opinion et du site d’actualité financière L’Agefi, dont il détenait déjà des parts.
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