RMC et Brut. : le bilan croisé d’une Coupe du monde 2026 sous le signe de la complémentarité
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À l’occasion d’une Coupe du monde éclatée sur trois pays, Pierre Koetschet (RMC) et Maxime Darquier (Brut.) reviennent, pour The Media Leader, sur un dispositif conçu pour la première fois à l’échelle du groupe CMA Media – et sur ce que la complémentarité entre leurs rédactions leur a permis d’aller chercher.
Le 20 juillet, CMA Media annonçait avoir battu ses records d’audience pour la couverture d’un événement sportif, avec 3,65 milliards de vues cumulées sur les réseaux sociaux pour RMC et Brut., plus de 500 000 écoutes pour la radio digitale « 100 % Coupe du monde » et 62 millions de visites sur la rubrique football de RMC Sport. Une performance obtenue pour la première fois via une logique de groupe associant RMC, Brut., BFMTV et La Tribune Dimanche. Retour sur ce dispositif avec Pierre Koetschet, directeur adjoint des rédactions digitales en charge de RMC-RMC Sport-Zone Turf, et Maxime Darquier, directeur éditorial de Brut France.
Un dispositif pensé pour une compétition éclatée
Pour RMC, le point de départ a été de s’appuyer sur son cœur de métier – la radio et le sport – tout en embarquant l’ensemble des marques du groupe. « On a essayé de faire ce qu’on savait faire le mieux sur RMC (…) et d’embarquer un peu tout le monde aussi, pour que toutes les marques du groupe puissent travailler sur la Coupe du monde », explique Pierre Koetschet. Concrètement : un studio délocalisé à New York, de la radio filmée diffusée sur les réseaux, et une place laissée aux autres entités – BFM, Brut. et leurs équipes de reporters.
Pour Brut., l’enjeu était différent, et s’est joué très en amont : obtenir une accréditation FIFA, validée seulement quatre jours avant le coup d’envoi. « C’est la première fois que Brut était accrédité sur (une) compétition foot organisée par la FIFA », souligne Maxime Darquier, qui rappelle que le média ne disposait que de deux journalistes sur place, contre un déploiement bien plus large côté RMC et BFM, détenteurs de droits.
RMC, un « plus 471 % » porté par le tout-digital
Sur les seuls chiffres de RMC Sport, hors Brut., Pierre Koetschet avance une progression de 471 % sur les réseaux sociaux par rapport à la même période l’an dernier – une période qui correspondait pourtant à la Coupe du monde des clubs et à une finale du PSG. Son enseignement : « C’était la Coupe du monde des réseaux sociaux (…) cette Coupe du monde s’est passée essentiellement sur les réseaux sociaux. » Il refuse toutefois de dissocier ce canal du reste du dispositif, citant l’after diffusé sur YouTube jusqu’à 5 heures du matin comme prolongement naturel de l’antenne. Interrogé sur la rentabilité de l’opération pour RMC, il botte en touche et renvoie vers la direction.
Brut., une couverture construite autour des supporters
Côté Brut., Maxime Darquier revendique près de 2 milliards de vues sur la compétition – soit, selon lui, le plus gros score jamais réalisé par le média sur un événement sportif, devant les Jeux olympiques de Paris. Une performance obtenue avec un dispositif volontairement resserré : deux journalistes sur place, complétés par un réseau de correspondants en Afrique et une correspondante basée sur la Côte Ouest américaine. Entre 500 et 600 millions de vues auraient été générées hors d’Europe, portées notamment par le parcours du Maroc.
L’angle éditorial assumé par Brut. n’est pas le match lui-même. « Le match, la compétition sportive en elle-même, c’est presque un prétexte (…) notre sujet, c’est de parler de tout ce qu’il y a à côté », résume Maxime Darquier, citant les contenus tournés avec des supporters algériens et français à New York, ou encore un format sans images diffusé en direct sur YouTube, où des supporters suivaient un match à l’aveugle – rendu possible grâce au son fourni par RMC.
Une synergie assumée, mais sans dilution des identités
Les deux rédactions décrivent un partage de moyens et de bonnes pratiques déjà rodé avant la Coupe du monde – notamment depuis le Festival de Cannes -, formalisé par des accords récurrents d’échange d’images et de contenus avec BFM. Mais l’un comme l’autre insistent sur la nécessité de préserver des identités distinctes. « On garde un temps d’avance en étant beaucoup plus fort à plusieurs (…) mais chacun fait un peu ce qu’il veut, parce que chacun connaît mieux sa communauté », détaille Pierre Koetschet, pour qui la priorité reste de faire grandir RMC sur le digital – la synergie n’étant, selon lui, un objectif en soi que si elle sert aussi ce développement propre.
Maxime Darquier partage cette lecture, évoquant des synergies moins visibles que le seul plan éditorial : le lancement de la chaîne FAST de Brut. se serait ainsi appuyé sur le retour d’expérience de BFM et RMC en la matière, tandis que Brut., fort de dix ans d’existence sur le digital, transmettrait en retour son expertise aux équipes du groupe.
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