Audiovisuel public : fusions, suppressions et neutralité imposée, le rapport Alloncle préconise plus d’un milliard d’économies
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Après quatre mois de travaux sous haute tension, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le député UDR Charles Alloncle, a présenté ses conclusions à ses collègues. Parmi près de 80 mesures, il propose de supprimer France 4 et Mouv’, de fusionner plusieurs chaînes et d’imposer un strict devoir de réserve aux figures de l’audiovisuel public. Le vote sur le rapport est prévu lundi, dans une atmosphère alourdie par les fuites et les tensions internes.
Le rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public devait rester confidentiel. Il n’a pas tenu. Plusieurs médias ont dévoilé vendredi les préconisations de Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission, qui a dénoncé des « fuites organisées par des députés, alors que c’est totalement interdit ».
Au cœur du document : près de 80 mesures visant à dégager plus d’un milliard d’euros d’économies, soit un quart des crédits alloués par l’État à l’audiovisuel public. Les sommes ainsi libérées seraient affectées à l’entretien du patrimoine de l’État et au désendettement du pays.
Des fusions en cascade
Côté France Télévisions, le rapporteur propose de supprimer France 4 et France TV Slash, toutes deux dédiées aux publics jeunes, pour « redéployer les moyens » sur une offre numérique via France.tv et les réseaux sociaux. France 2 et France 5 seraient fusionnées en une « grande chaîne généraliste », tandis que franceinfo et France 24 formeraient une seule entité. À la radio, Charles Alloncle suggère la suppression de Mouv’, l’antenne de Radio France consacrée au hip-hop.
Neutralité imposée, nomination par l’Élysée
Le rapport consacre un volet entier à « l’impartialité et la neutralité » des salariés de l’audiovisuel public. Ces derniers devraient souscrire à des engagements formels, y compris dans leur expression publique hors fonction. Les figures de premier plan seraient soumises à un « devoir de réserve renforcé ». Par ailleurs, Charles Alloncle propose de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et avis conforme de l’Arcom.
La commission d’enquête avait été demandée par le parti d’Éric Ciotti après la diffusion d’une vidéo montrant les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen en conversation privée avec des responsables du PS, alimentant des accusations de partialité.
Un vote sous tension
Le rapport et ses préconisations doivent être soumis au vote des 30 membres de la commission lundi. Un vote favorable est nécessaire pour une publication une semaine plus tard. Samedi, le président de la commission, Jérémie Patrier-Letus (Horizons), a appelé ses membres « à la plus grande retenue » avant l’échéance, réclamant que la réunion « puisse se dérouler dans un cadre serein et digne ». Il a directement visé Charles Alloncle, regrettant ses « interventions médiatiques » et sa participation à une réunion publique à l’Assemblée nationale consacrée à France Télévisions.
Les premières réactions restent vives. La députée PS Ayda Hadizadeh a annoncé qu’elle voterait contre, qualifiant le document de « tissu de mensonges, d’approximations et de diffamations ». Un député du bloc central a fustigé « un retour à l’ORTF » et une mise « sous la tutelle du gouvernement ». Charles Alloncle a de son côté maintenu qu’« il s’agit de préconisations et pas d’injonctions ».
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