Le cinéma ne meurt jamais : il se réinvente continuellement
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Avec l’essor de la consommation sur les plateformes de streaming, on entend souvent certains dire que le cinéma est mort. Ils ont tort. Le cinéma est toujours là.
À chaque révolution technologique, le même scénario s’est répété : la fin des salles et l’effondrement du modèle étaient annoncés. Dans les années 50, l’arrivée de la télévision devait vider définitivement les salles obscures. Dans les années 80, la cassette vidéo devait transformer chaque salon en cinéma privé. Puis le DVD, les chaînes payantes comme Canal+, le téléchargement illégal et enfin les plateformes de streaming comme Netflix, Disney+ ou Amazon Prime Video ont, à leur tour, été présentés comme les fossoyeurs définitifs du grand écran.
Mais le cinéma continue d’avancer. Parce qu’au fond, il ne vend pas seulement des films. Il propose une expérience qu’aucun autre média n’a réellement réussi à remplacer. Le cinéma français renoue avec sa dynamique
Il est vrai que la pandémie du Covid a généré une chute vertigineuse de la fréquentation des salles et la création de nouvelles habitudes qui ont privilégié la consommation de films et de séries sur le digital. Depuis, la fréquentation a éprouvé une certaine difficulté à remonter.
Malgré cela, le cinéma est toujours là. Et les chiffres de ce début d’année 2026 viennent encore le rappeler. Alors que beaucoup prédisaient une baisse durable de fréquentation après la crise sanitaire et l’explosion du streaming, les salles françaises affichent une progression spectaculaire. En mai, près de 15 millions de spectateurs se sont rendus au cinéma, soit +33,2% par rapport à l’an dernier. Depuis janvier, la fréquentation dépasse déjà les 77 millions d’entrées, en hausse de +20,6%.
À ce rythme, le marché français pourrait retrouver en 2026 un niveau proche de l’avant-Covid, avec une projection estimée à près de 200 millions d’entrées sur l’ensemble de l’année. La dynamique actuelle confirme clairement que le cinéma est loin d’être un média en déclin structurel. La force du grand écran face à l’essor du streaming
Alors, l’idée selon laquelle les plateformes de streaming sont responsables de la baisse de fréquentation des salles n’est-elle pas trop simpliste ? Sûrement. Car les chiffres montrent une autre réalité : lorsque les films à l’affiche deviennent de véritables événements culturels, le public revient massivement au cinéma.
Ces dernières années, des succès comme Top Gun: Maverick, Avatar: The Way of Water ou Oppenheimer ont démontré qu’un film pensé pour le grand écran devient un véritable événement.
En termes de production française, même constat. La France reste d’ailleurs un cas unique au monde par la richesse de sa production et la diversité de son cinéma. Peu de pays sont capables de produire autant de films différents chaque année : cinéma populaire, films d’auteur, comédies, animation, thrillers ou grands films historiques. Sur les quatre premiers mois de l’année, les films français représentent 44,4% des entrées. Cette singularité culturelle constitue une force majeure du marché français. C’est ce qui différencie la France de ses voisins européens. Récemment, des films comme Un p’tit truc en plus, Le Comte de Monte-Cristo ou Anatomie d’une chute ont montré que le cinéma français pouvait conjuguer ambition créative, succès populaire et rayonnement international. Une tendance confirmée en 2026 avec la sortie du Marsupilami qui a dépassé les 6 millions d’entrées.
Contrairement aux idées reçues, les plateformes de streaming n’ont donc pas détruit le cinéma. Elles ont modifié les usages, certes, et multiplié les modes de consommation des contenus, mais elles n’ont pas détruit le cinéma. Elles ont créé une nouvelle forme de complémentarité. Les plateformes permettent de découvrir des œuvres, de prolonger la relation avec les univers et les talents, tandis que la salle conserve ce rôle unique d’expérience événementielle et divertissante.
Et les salles l’ont parfaitement compris : l’expérience cinéma se réinvente en permanence. Aujourd’hui, les exploitants investissent massivement dans des technologies immersives, des fauteuils premium, des expériences événementielles et des formats spectaculaires. UGC développe par exemple des avant-premières événementielles, des rencontres avec les équipes de films, la rediffusion de films culte ou encore des séances spéciales thématiques. Les groupes de salles multiplient également les expériences premium : projections IMAX, 4DX, Dolby Cinema, Ice ou séances immersives renforçant encore l’impact du grand écran. Le cinéma devient ainsi bien plus qu’un lieu de diffusion : il devient un lieu d’expérience. Quand l’émotion renforce l’efficacité publicitaire
Cette dimension est essentielle pour les annonceurs. Car les spectateurs viennent au cinéma dans un état d’esprit particulièrement positif. Qu’ils soient seuls, en couple, entre amis ou en famille, ils choisissent volontairement de vivre un moment de plaisir, de détente ou d’émotion. C’est ce que nous avons constaté dans la dernière étude que nous avons menée chez WPP Media sur les habitudes cinéma des Français. Le cinéma est avant tout une expérience collective puisque 82% des Français fréquentent les salles en couple, entre amis ou en famille. Et surtout, le cinéma est vécu comme une parenthèse de plaisir, plus que comme un acte culturel. Ils sont 49% à associer le cinéma au plaisir et 71% assurent que le cinéma répond d’abord à un besoin de détente ou d’évasion.
Cette disponibilité et cet état d’esprit changent profondément la manière dont les messages publicitaires sont reçus. Et cette acceptation de la publicité est amplifiée par un travail d’intégration de la publicité dans la bande d’avant séance : aujourd’hui la grande majorité des exploitants mixent diffusion de bandes annonces de films et de publicités ce qui entraine une adhésion plus forte des spectateurs aux publicités.
À l’heure où les consommateurs « scrollent » en permanence, zappent les contenus et évitent de plus en plus la publicité, le cinéma reste l’un des rares environnements capables de garantir une attention complète, disponible et engagée.
Le cinéma crée de la mémorisation, de l’émotion, de la désirabilité et de l’adhésion dans un univers saturé de contenus et de sollicitations permanentes. Il offre aux marques un environnement premium, valorisant et extrêmement engageant. C’est un média unique. Le cinéma, un média unique pour les marques
Depuis plus d’un siècle, le cinéma traverse les révolutions technologiques, les mutations culturelles et les crises économiques sans jamais disparaître. Il évolue, se transforme, se réinvente. Mais il reste profondément ancré dans notre société parce qu’au-delà des écrans et des plateformes, il répond à quelque chose de profondément humain : le besoin de vivre des émotions.
Et c’est précisément ce qui donne toute sa valeur au cinéma pour les marques. Dans une économie de l’attention devenue ultra-fragmentée, les annonceurs recherchent de plus en plus des environnements capables de créer un impact réel, une attention forte et une relation émotionnelle durable avec le public.
Les marques comprendront cette évolution et reviendront naturellement vers le cinéma. Car au-delà de la puissance, le véritable enjeu publicitaire actuel c’est la qualité de l’attention générée. Et sur ce terrain, le cinéma possède un avantage unique.
Le cinéma a survécu à toutes les révolutions médiatiques. Il survivra aussi à celle du streaming. Et dans un monde dominé par l’immédiateté, il pourrait redevenir l’un des territoires d’expression les plus précieux pour les marques.
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