TwitchCon Rotterdam : ce qu’il faut retenir de cette édition 2026
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Depuis Rotterdam,
À l’occasion de la TwitchCon Europe 2026, organisée les 30 et 31 mai au Ahoy Convention Center de Rotterdam (Pays-Bas), en présence de 10 000 streamers et fans, Twitch et Amazon Ads ont déployé une série d’annonces produit, présenté ses dernières données sur l’engagement publicitaire et ouvert ses coulisses aux marques. Retour sur ce qu’il faut retenir de cette édition – la dernière à Rotterdam avant un déménagement à Berlin en 2027. Nous étions sur place et avons rencontré Dan Clancy, CEO de Twitch.
1. L’authenticité est morte, vive le contenu « vivant »
C’est le fil rouge de toute la conférence. Twitch a présenté les résultats d’une étude menée en novembre 2025 auprès de panels en Europe, aux États-Unis, au Brésil et au Japon. Le constat est sans appel : 78 % de la Gen Z estime que les réseaux sociaux sont faux, et 68 % se disent noyés sous le contenu généré par l’IA. Ce que cette génération recherche désormais, c’est un contenu qui « feels alive » – surprenant, profondément ressenti, participatif.
Trois qualités définissent ce contenu selon l’étude : la capacité à surprendre l’algorithme (59 % des sondés veulent du contenu qu’ils peuvent influencer), la créativité partagée (63 % veulent des publicités qu’ils peuvent remixer), et le passage à l’action (87 % font quelque chose après avoir vu une publicité sur Twitch). Pour les marques, la leçon est directe : l’authenticité scriptée ne fonctionne plus. Ce qui convertit, c’est le moment live non préparé.
2. Twitch n’est ni YouTube ni de la CTV, mais l’antidote contre le scroll
Dan Clancy, CEO de Twitch, l’a répété tout au long du week-end avec une formule qui résume bien le positionnement de la plateforme : « les réseaux sociaux sont devenus antisociaux ». Scroller sur son téléphone ne crée pas de lien. Twitch, qualifié « d’anti-swapping app », est conçu pour que les gens restent – et 48 % des spectateurs passent plus de trois heures par session. La durée moyenne d’une session sur Twitch est de 73 minutes. Sur TikTok, elle est de 73 secondes.
Face aux questions sur la CTV, Mike Minton, directeur produit, a été clair : Twitch investit d’abord le mobile (près des trois quarts des nouveaux utilisateurs démarrent sur smartphone, et presque la moitié des utilisateurs mensuels n’utilisent que leur téléphone). Une annonce sur l’expérience TV connectée est néanmoins attendue à TwitchCon San Diego, fin juin. Mike Minton a confirmé que des développements autour du second écran figurent bien dans les priorités de la roadmap.
3. Des résultats publicitaires mesurables sur tout le funnel
Twitch sort de la posture défensive sur la mesure. Les expérimentations menées sur des activations livestream affichent des uplifts moyens de +20 % en notoriété, +16 % en favorabilité et +14 % en intention d’achat. Ajoutée à une campagne Prime Vidéo, Twitch génère un reach incrémental supérieur à 80 % – son audience Gen Z et Millennials étant très faiblement dupliquée avec les autres canaux Amazon.
70 % de l’audience Twitch déclare avoir considéré un produit recommandé par son streamer. C’est le cœur de la proposition de valeur : la confiance que les communautés accordent à leurs créateurs se transfère aux marques qui s’intègrent naturellement dans leurs streams. Le cas Fanta, présenté par le Brand Partnership Studio, illustre la mécanique : trois mini-jeux interactifs pilotés par le chat, produits en six semaines avec la streameuse Poopernoodle, ont généré une mémorisation et un engagement bien au-delà des formats publicitaires classiques.
4. Un arsenal de nouveaux outils pour les créateurs et les marques
Le keynote de Dan Clancy a été dense en annonces. Les principales : le Dual Format, qui permet de streamer simultanément en horizontal et en vertical – disponible pour tous les créateurs en juin – répond directement à la domination du mobile. Les Stream Summaries, qui génèrent automatiquement un résumé de ce qui s’est passé dans un stream pour les spectateurs qui arrivent en cours de route. Les Auto Clips, qui captent automatiquement les meilleurs moments d’un live à partir de l’activité du chat, de l’intonation vocale et des événements à l’écran – avec des captions automatiques dès la semaine prochaine. Et, pour les créateurs en zone euro, la suppression des frais de conversion sur les paiements SEPA cet été.
Côté marques, Twitch formalise une approche en trois temps : les formats display et vidéo classiques pour construire une présence durable à moindre coût, les formats premium (Headliner, sponsorships de chaînes) pour les temps forts, et le Brand Partnership Studio pour les grandes activations de lancement – dispositifs entièrement sur mesure intégrant créateurs, chat et mécaniques interactives.
5. Berlin 2027 et la stratégie européenne de long terme
La TwitchCon quittera Rotterdam l’an prochain pour Berlin, les 22 et 23 mai 2027. Ce n’est pas un signal de désengagement vis-à-vis du Benelux, mais une stratégie de rotation assumée. « Nous avons toujours pensé rester trois ans à Rotterdam, puis bouger », a expliqué Dan Clancy en briefing presse. La prochaine étape sera Berlin, puis d’autres villes européennes – Paris, l’Espagne ou l’Italie ont été évoquées à titre personnel. Le critère principal : la facilité d’accès pour les communautés du continent.
En filigrane, cette mobilité reflète l’ambition commerciale de Twitch en Europe, incarnée par la nomination de Virginie Douin au poste de directrice commerciale Europe – une création de poste – à l’été 2025. « C’est un signal très fort d’investissement d’Amazon sur Twitch », avait-elle confié à The Media Leader.
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