Éric Perrin (Hellfest) : « Un festival comme le nôtre est un véritable terrain d’expression pour les marques »
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Bousculant les clichés, le Hellfest s’est imposé en vingt ans comme le plus grand festival de France et l’un des rendez-vous musicaux les plus influents d’Europe. Indépendant, autofinancé et porté par une communauté d’une fidélité rare, l’événement de Clisson attire chaque année 280 000 festivaliers et suscite désormais l’intérêt croissant des marques. À l’occasion de sa première participation aux MediaDays, son directeur de la communication, Éric Perrin, revient sur l’histoire du Hellfest, son modèle unique et les opportunités qu’il offre au marché publicitaire.
Pouvez-vous présenter le Hellfest, son histoire et ce qui en fait un festival unique ?
Éric Perrin : Le Hellfest existe depuis 2006 et fêtera officiellement ses 20 ans en 2027, le Covid nous ayant fait prendre un peu de retard. C’est un festival dédié aux musiques extrêmes : metal, rock, hardcore, punk, black metal, death metal… Notre ambition est de rassembler toutes ces chapelles musicales autour d’une expérience artistique, visuelle et sensorielle pendant quatre jours.
Nous accueillons chaque année 180 artistes sur 6 scènes, à Clisson, près de Nantes, sur la troisième semaine de juin. Chaque jour, 70 000 festivaliers franchissent nos portes, soit 280 000 personnes sur l’édition. Le Hellfest est d’ailleurs devenu le plus grand festival de France, toutes musiques confondues, avec un budget de 52 millions d’euros en 2025.
Pourquoi participer pour la première fois au MediaDays ?
E.P : C’est une question qu’on nous a beaucoup posée à Lyon ! Le Hellfest est un acteur un peu à part : nous appartenons au secteur culturel, souvent très subventionné, mais nous sommes un festival indépendant, associatif, et autofinancé. Sur 52 millions de budget, les subventions représentent… 35 000 euros. Autant dire rien.
Participer au MediasDays, c’est dire au marché que le Hellfest n’est pas qu’un événement musical : c’est aussi un terrain d’expression puissant pour les marques, avec un public fidèle, engagé, et une identité très forte. Beaucoup d’agences ou d’annonceurs n’ont pas encore ce réflexe.
Quels types de sponsors travaillent déjà avec vous ?
E.P : Nous avons un partenariat historique avec les Brasseries Kronenbourg, essentiel quand on sert 500 000 litres de bière en quatre jours. Nous avons aussi un partenariat important avec le vignoble nantais : 17 000 litres de vin sont consommés chaque année.
Par le passé, nous avons collaboré avec Doc Martens, Harley Davidson, Vans, Carhartt, ou encore le Crédit Mutuel, très présent sur le festival. Une marque au Hellfest doit s’intégrer à notre ADN, pas l’inverse. C’est un engagement fort.
Concrètement, comment un festival comme le Hellfest peut-il devenir un support de communication ?
E.P : Le Hellfest, c’est presque un Disneyland du metal. Une bulle. Une communauté. Pour une marque, s’y intégrer, c’est bénéficier d’un terrain d’expression totalement différent.
Nous proposons des espaces publicitaires, du print dans notre programme, des bannières dans l’application mobile, des écrans en zone à fort trafic, ou encore des stands aménagés en cohérence avec notre univers.
L’impact émotionnel est énorme : une marque qui rejoint le Hellfest montre qu’elle partage certaines valeurs – l’indépendance, l’alternatif, la passion. Cela crée une vraie proximité avec le public.
Vous parlez d’une communauté très engagée. Quelle est la composition de votre public ?
E.P : Là aussi, on est loin des clichés. Notre public est composé à 70% de CSP+, avec une moyenne d’âge de 38 ans et 80% ayant un niveau d’études bac+ ou plus.
Ce sont des gens très insérés socialement, souvent avec des postes à responsabilité. Beaucoup se font même tatouer le logo du Hellfest ! C’est un sentiment d’appartenance unique. Pour une marque, toucher ce public dans son univers de prédilection, c’est très différent de l’exposition classique en affichage, TV ou digital.
En quoi est-ce stratégique pour vous d’infuser davantage le marché publicitaire ?
E.P : Parce qu’un festival est un support de communication à part entière, mais encore méconnu. Pour certaines marques, c’est une opportunité pour se démarquer de leurs concurrents, parler autrement, créer un lien émotionnel.
Le Hellfest permet un dispositif 360° : collaboration créative, présence physique, contenus digitaux, licensing… Nous sommes désormais une marque en tant que telle.
Rencontrez les équipes du Hellfest lors des MediaDays 2025, rendez vous les 2 décembre à Strasbourg et 16 décembre à Lille.
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